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Le mort kilométrique

Un utopître passe par l'école de journalisme

Cékimoi/Cékoissa

Arrivé, depuis un an déjà, du 2-9 (département le plus à l'Ouest) dans la presqu'Allemagne française, je saisis le clavier pour faire partager le meilleur ou le pire d'une formation en journalisme!

Dès la première semaine, mes camarades et moi-même avons été initiés à la sacro-sainte règle du mort-kilométrique, à laquelle obéirait l'intérêt du lecteur-spectateur d'un média. C'est donc naturellement que ce fabuleux concept donne son nom à ma modeste contribution à la webosphère...


Saint-Nicolas vous apporte des nouvelles | 06 décembre 2006

Le bonsoir messieurs-dames. Aujourd'hui, c'est la Saint-nicolas, et en Alsace,
ça veut dire beaucoup plus que dans mon Ouest armoricain natal. J'ai donc
eu le droit à un Männele (petit homme en Alsacien), une brioche anthropomorphe.
Merci à ma coloc'. C'est ce petit bonhomme qui vous apporte aujourd'hui quelques
nouvelles de l'auteur de ce gueublo.
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La première, concerne le stage en presse quotidienne régionale que nous effectuons
en première année de master du Cuej. Il s'agit en fait d'un remplacement de deux mois
fait pendant l'été en rédaction, au poste de rédacteur ou à celui de secrétaire de
rédaction (celle ou celui qui relit et organise les pages d'un canard). Dans ce but,
les journaux réclament en général de voir les lascars à l'épreuve pendant quelques
jours. Pour ma part, cela aura lieu à Rennes, à la maison mère du journal Ouest-France,
au mois de janvier prochain.
Malheureusement, l'autre stage court que j'aurais souhaité faire, au nécessaire
hebdomadaire nantais "Terra economica", n'aura pas lieu, faute d'effectifs suffisants
pour accueillir des stagiaires dans de bonnes questions. Dommage. Mais cela
ne m'empêchera pas d'aller voir comment ils font leur journal ni à vous d'aller
faire un tour sur leur site http://www.terra-economica.info .
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La deuxième info de ce soir, c'est l'ambition politique et la soif de pouvoir insupportable
de l'auteur de cette page. Eh oui, Monsieur est candidat avec deux autres camarades (un et une)
sur la liste "La fracture pépére", pour représenter les étudiants au conseil d'administration du
Centre universitaire d'enseignement du journalisme. Votation le 14 décembre, premier CA
des élus tout frais le lendemain, pour voter le budget. Que la campagne commence...
Y'en a qui vont serrer des mains ces jours prochains!

Publié par Pourkwapas à 20:14:55 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

Le choix des mots! Et le poc des photos? | 22 novembre 2006

L'importance du choix des mots.

Cette considération a été évoquée par de
nombreux intervenants que nous avons cotoyés pendant ces deux
premiers mois et demi au Cuej. Avec raison bien sûr. Surtout dans un
contexte de détournement du sens et de la LQR (Lingua Quintae Respublicae)
décrite par Eric Hazan (LQR, la propagande du quotidien, Raison d'agir, 2006).
Un rigoureux choix et pesage des mots, qui remettrait en cause les formules
toutes faites et les raccourcis de langage devrait en effet être la base d'une
formation en journalisme. Je regrette d'ailleurs qu'aucun cours de langue
française pure ne soit au programme du premier semestre.
Mais face à la répétition de cette notion (le choix des mots), mon esprit
torturé n'a pu que repenser et détourner le vieux slogan Paris-Matchiste
et m'amener à m'interroger sur le CHOIX des mots, le POC des photos.
Une réflexion moins anodine qu'il n'y parait. En effet, une image est
bien plus apte à choquer (poquer?) notre esprit que ne le font des mots.
Pour preuve, l'illustration fait partie, comme nous l'ont expliqué les
secrétaires de rédaction intervenant au Cuej, au même degré que le titre,
du premier niveau de lecture d'un article (de nombreux lecteurs s'en
contentent d'ailleurs, sinon ils passeraient bien plus de temps que
les 20mn moyennes à lire leur quotidien chaque jour). Le texte ne
fait partie que du troisième niveau, après même le chapeau (introduction
du texte, en gras ou en caractères plus importants), ou même que les intertitres.
Un poc des photos, ou des images d'un point de vue plus global,
qui résume bien, en somme, le poids de l'image dans les médias
et dans la société en règle générale. Une explication aussi peut-être,
au fait que la radio n'embauche plus. Au point même que le CUEJ
de Strasbourg, songe apparemment, si l'on en croit notre premier
cours de radio la semaine passée, à suspendre temporairement sa
spécialisation dans ce média (condamné?).
Heureusement que je commence à bien aimer le montage télé moi, hein!


Publié par Pourkwapas à 01:02:38 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (1) |

Leçon de choses: L'angle | 15 novembre 2006

Voilà l'illustration de ce que j'avançais juste plus tôt: l'angle d'un article.

Je me demandais juste: comment dit-on angler en anglais?

Allez, bonsoir. 

Publié par Pourkwapas à 22:32:10 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (1) |

Presse écrite, nous voilà! | 15 novembre 2006

Les premiers vrais travaux pratiques arrivent à échéance en ce milieu
de novembre ensoleillé (ici). Certes on a des exercices de presse écrite
toute les semaines (compte rendu d'audience, d'exposition,
conférence de presse...) mais là, il s'agit de deux travaux d'enquête
à nous qu'on mène tout seuls, ou en groupe mais sans suivi immédiat,
et surtout à notre guise (et à notre rythme, ça c'est important pour moi).
Le premier arrive à échéance demain. Il s'agit d'un exercice de
« papier d'angle », intitulé « Portrait de quartier » et mené
par Nicole Gaultier, du journal sous-perfusion Libération.
Enfin je dis mené mais on l'a vue deux fois, l'une pour nous
expliquer le topo, l'autre pour qu'elle valide notre angle, justement.
Attention, parenthèse: Un angle, c'est le point de vue d'où on se place
pour regarder un endroit ou un événement, pile-poil comme au ciné
ou en photo. Sauf que c'est moins concret! Pour concrétiser la chose,
un de nos profs nous a expliqué qu'il s'agissait de limiter le champ
d'un sujet. Pour ça, on choisit une limite, puis une autre, représentées
par des droites. On les fait se croiser et notre article, notre « papier »,
traitera de tout ce qui est contenu entre les deux droites (dans l'illustration
ci-avant (post suivant), on parlera donc des élus hermaphrodites et de leur vision
des chiens dangereux, ou du nombre de chiens dangereux mordus
par des élus hermaphrodites, au lieu de ne parler que de l'un ou que
de l'autre ce qui amènerait à écrire une thèse!).
Bref, je reprend où j'avais arrêté, juste avant d'être fallacieusement
parenthèsé par moi-même. Ce travail est donc l'occasion de mieux
se familiariser avec le travail d'enquête (parler avec des vrais gens
avec des vrais morceaux de vie dedans!) et avec l'environnement
de la communauté urbaine de Strasbourg (hostile, la nature,
comme dirait Timsit).
Moi j'avais le quartier de tours de l'esplanade et j'ai choisi comme angle
le Centre commercial du même nom, ou il semblait à première vue
y avoir aussi peu de vie qu'il n'y a de finesse dans une imitation
de Michel Leeb (vous voyez à peu près?). Bref, ça se termine demain
et on saura dans une semaine ce qu'en a pensé la grande prêtresse.
Et le travail photo que nous avons effectué en parallèle sera évalué
par un photographe des Dernières nouvelles d'Alsace.
Le deuxième exercice est le gros morceau du semestre. Il s'agit
d'un travail complet d'enquête, de la collecte d'information
(on est en plein dedans) à la mise en page par un collègue de la classe.
Une page entière donc, sur des sujets aussi divers que
« la méthode RESF (réseau éducation sans frontières) »,
« les animaux nuisibles à Strasbourg », « la bière » ou
« le Hip-hop à Strasbourg »... Avec trois autres collègues, je travaille
sur l'accueil de jour des sans-abri dans le cadre de l'urgence hivernale
(qui a débuté, en niveau 1, le 1er novembre comme chaque année).
Très instructif sur les priorités de notre société (j'en avait conscience
avant mais c'est différent quand on se retrouve au petit déjeuner
de l'armée du Salut ou quand on discute, comme ce soir, avec des
travailleurs sociaux aussi motivés que désabusés face au manque
de moyens, aux changements de mentalités et à l'explosion du nombre
de personnes qui tombent « dans la merde ». Une première enquête
qui ouvre les yeux et qui s'avèrera probablement instructive.
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Autre événement proche, probablement instructif à sa manière:
le 15ème Congrès de la Fédération nationale de la presse française
(qui regroupe la majorité des titres et groupes de presse du pays)
à lieu entre mercredi 22 et vendredi 24 à Strasbourg et nous avons
le privilège de pouvoir couvrir l'événement. Au menu des
patrons de presse, les difficultés du format écrit, bien entendu.
Plus d'info et des photos la semaine prochaine.
Moi, je file relire mes notes de l'interview du jour. Big up!

Publié par Pourkwapas à 22:28:43 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

Enfin l'explication | 01 novembre 2006

 


 C'était une de mes promesses de candidat blogueur, je vous éclaire
aujourd'hui sur le titre de cette page: "Le mort kilométrique" est la
traduction trash (utilisée en interne) d'une loi très sérieuse dans les
sciences de l'information, la "loi de proximité". Selon un site internet
d'enseignement qui fait de la vulgarisation dans les écoles, c'est
la loi journalistique par excellence. Ils s'expliquent:


Elle s'appuie sur l'idée qu'il faut capter l'intérêt du lecteur,
de l'auditeur ou du téléspectateur. Celui-ci se sentira d'autant
plus concerné par l'information qu'elle est proche dans le temps
(l'actualité du moment), dans l'espace
(on sera plus sensible à des événements situés près de chez soi),
de ses idées, de sa situation socioprofessionnelle, de son quotidien,
ou qu'elle touche sa vie affective ou émotive. Rares sont les médias
qui échappent à cette loi.


C'est donc parce qu'on sera plus intéressés (selon cette loi),
en tant que "consommateurs" d'information, par un événement
ayant causé des décès proche de chez nous
(et qui nous ressemblent) que par une information lointaine
(même s'il y a des morts nombreux mais différents
de nous (origine ethnique, nationalité, niveau social etc.),
qu'on parle en journalisme d'une unité de mesure sympathiquement
appelée le mort kilométrique. Bien sûr cette mesure n'existe pas,
mais c'est son principe qu'on nous enseigne lors des premiers
jours de formation de journaliste. Sans vraiment nous dire que
c'est probablement selon cette loi que l'on sera amenés à travailler.
Ni nous apprendre à la nuancer.
Enfin si. Face à nos interrogations, un de nos professeur nous a
expliqué que si l'on veut faire s'intéresser
notre lecteur/auditeur/téléspectateur/surfeur à des informations
auxquelles il ne se serait pas intéressé en vertu de
la loi de proximité, il faut biaiser en l'attirant par des éléments
de proximité vers d'autres plus lointains.


En cadeau, pour vous remercier de votre attention,
des liens vers des sites ou est évoqué ce principe:


-La proximité érigée en loi ,
un travail de Christiane Restier-Melleray, de l'IEP de Bordeaux.


-Complexité dans les médias Une lecture d'Edgar Morin ,
où Evelyne Biausser, journaliste, résume comme suit
les différentes expressions de la proximité:


Ainsi la loi de proximité chronologique révèle que nous sommes dans
un écrit plus sensibles à ce qui va se produire plutôt
qu'à ce qui s'est passé. Le futur immédiat mobilise davantage
l'attention, et écrire sur les conséquences est plus mobilisateur
que sur les causes.


Ensuite, il faut faire jouer la loi de proximité géographique.
La presse régionale peut le faire aisément et ne s'en prive pas.
Quand il s'agit d'un événement étranger, l'on doit alors s'efforcer
de rapprocher l'information du lieu de vie du lectorat. D'où
l'approche nationale ou la vision française d'événements
internationaux !


Troisième approche, la loi de proximité psycho-affective.
Il s'agit en fait de l'intérêt humain commun à l'espèce :
la vie, la mort, l'amour, la maladie, l'argent, la sécurité, la peur,
la violence, la haine... et chaque mot faisant référence à ces
instincts capte l'attention du lecteur.


Enfin, la loi de proximité spécifique s'adresse préférentiellement
à un lectorat : les jeunes, le troisième âge, les femmes,
les chasseurs, les infirmières, les amateurs d'art, de musique,
de parapente... toute la presse spécialisée est contenue
dans cette loi d'intérêt cerné.


Comme dit, Hopla, yoo! Dansez dans les chaumières, les médias veillent
à nous apporter votre lot de mort de proximité quotidien!



Publié par Pourkwapas à 18:31:19 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

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Elle sont fraîches mes photos

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