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  • Il y a deux ans, tout juste rentré d'un "huit" dans une usine agro-alimentaire (des viennoiseries d'une grande marque) pour aller préparer ma matinale sur Radio Campus Rennes (88.4 FM), j'avais écrit ça (c'est loin d'être génial mais ça introduit bien le sujet dont je voulais parler. Je sais, l'intro est plus longue que le propos. Et alors. Si avoir un blog c'est pas pouvoir renverser les conventions, je rend mon tablier de parrain de ces lieux!):

     

    J'vais vous raconter une histoire. C'est l'histoire d'un croissant. Enfin, un croissant... Au début de mon histoire, ce n'est encore qu'un bébé viennoiserie. En fait, c'est un triangle de pâte, maintes fois tourneboulé et enroulé sur lui-même par une machine assez assourdissante, à peine précuit par une autre, et pseudo-congelé à la hâte avant d'être conditionné. Il me sera passé une dizaine de tonnes de ses petits frères croissants au cours de cette nuit à l'usine... eh oui, une nuit à l'usine car la politique éducative de nos jours fait rimer de plus en plus étudiant avec intérimaire. Bref, vous conviendrez, si vous voulez bien qu'on revienne a nos croissants, qu'on fait plus sexy comme début de vie. Pourtant, ce petit croissant encore a moitié cru et n'ayant qu'à peine commencé sa... croissance, a de fortes chances de faire un long, long, long voyage. Parce que l'entreprise qui le fabrique se targue d'exporter pour des hôtels et des supermarchés jusqu'au Japon, il va prendre, la route, puis les airs, toujours congelé, dans des compartiments réfrigérés que l'on sait très peu gourmands en énergie, surtout quand c'est par avion! Pour en arriver à quoi? Pour que vous, qui vous réveillez avec nous, ou le client à col blanc d'un 4 étoiles de Tokyo, puissiez croquer gaiement dans des croissants, peu coûteux, au goût douteux, à consommer sous peu...
    Mais peu coûteux jusqu'à quand?
    Car les experts retraités de l'industrie pétrolière comme les économistes, les vrais, pas ceux qui vendent leur soupe nasdaq Caca-rente empoisonnée s'accordent a le dire à des oreilles sourdes: nous vivons la toute fin du pétrole bon marché.
    -Tu as dit bon marché? Insolent!!!
    -Oui, c'est ça msieur Ernest-Antoine. Bon marché.
    -Donc tu n'as pas bien écouté ce que j'ai dit cette semaine à la radio: j'ai dit que j'étais inquiet face au prix élevé du pétrole, qui vient de battre de nouveaux records a New-York et Tokyo. Elevé, ça veut pas vraiment dire bon marché si?
    -Non, mais avoir la main sur un des plus inflents groupes de lobbying en France n'est pas censé signifier borné et sourd, or, vous semblez refuser, avec bien d'autres, certes, de voir en cette constante hausse des cours les signes avant-coureurs de la fin du pétrole facile à extraire et donc peu coûteux a mettre sur le marché. Car ça voudrait dire remettre en cause trop de choses dans votre système de pensée.
    Alors vous devez avoir raison. Continuons à offrir des billets d'avions à des croissants pas cuits et soyons insouciants... c'est pas encore pour aujourd'hui qu'il sera moins aberrant de produire sur place en moins grande quantité que de faire du bon gros travail a la chaîne dispatché par gros porteurs hydrocarburophages...
    Alors soyons heureux en attendant et commençons une nouvelle journée à l'ecoute du 88.4 de Radio Campus. Toute façon j'men fous, j'viens en vélo...

    Ce que j'avais découvert pendant les quelques nuit que j'ai
    passées dans cette entreprise, Nikolaus Geyrhalter l'a filmé, en pire, dans une bonne dizaine d'usines et lieux de production agricoles d'Europe. Les machines qui fabriquent et préparent ce qu'on a dans notre assiette sont impressionnantes et hypnotisantes. Le résultat, sans commentaires ni paroles, s'appelle Notre pain quotidien . Courez-y!


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  • Mieux vaut tard que jamais. Je ne parle pas ici du froid qui revient sur
    cette mi-mars strasbourgeoise mais d'un compte-rendu, à suivre, du séjour
    à Lille de la délégation du Cuej pour les premières Assises internationales
    du journalisme
    .
    A l'initiative de ces Assises, Jérome Bouvier, l'ancien directeur des rédactions
    de RFI et de France culture, avec son association Journalisme et citoyenneté.
    Un monsieur Bouvier satisfait quand nous l'interviewions au soir du dernier
    jour des Assises. Nous avons en effet pu voir comme lui des journalistes
    s'interroger sur leur métier, sur la crise dont souffrait la profession. Une
    crise de confiance, qui doit obliger les journalistes à remettre en cause leurs
    pratiques.
    Difficile de résumer trois jours de débats (souvent, mais pas toujours)
    intéressants. Des comptes-rendus de ces journées devraient débarquer dans
    quelques jours sur le site d'information de l'école. Ce que j'en ai retenu, une
    conscience des problèmes. Un besoin de mettre des mots sur des réalités
    (suivisme des rédaction, cadences plus élevées, concurrence entre médias,
    manque d'inventivité, souvent faute de temps)... Internet n'a pas été épargné
    mais n'a pas été, comme je le redoutais, le bouc-émissaire des débats, même
    s'il est évident que cette « 3ème révolution industrielle » change la donne.
    On a entendu parler de business model, entendu le grand défendeur de la
    liberté des journalistes (pas forcément de la presse) Robert Ménard déclarer
    qu'il n'y avait pas assez de concentration, vu Edwy Plenel s'énerver, lui,
    contre cette concentration et faire planer l'ombre d'Alain Minc sur le paysage
    médiatique français. Mais nous avons vu beaucoup d'autres choses, discuté
    avec des professionnels, bu quelques coupes, croisé quelques « pointures »
    et même des figures morales de la profession (Stéphane Paoli, Gérard Leclerc,
    Paul Moreira, Hervé Brusini, Loic Hervouet, Grégoire Deniau).
    Je vous conseille de repasser sur le site des assises , dont est notamment
    extraite la photo que vous voyez ici.
    J'aurais aussi rencontré des élèves d'autres écoles de journalisme (cf blog de l'ESJ Lille).
    Tout aussi conscients que notre petit groupe des vrais défis de notre futur métier. Et tout
    aussi impatients de les relever.
    La morale que je garde des ces Assises, c'est que l'individu-journaliste peut beaucoup si les autres individus-journalistes
    de sa rédaction, de son journal, de son groupe, font leur révolution avec lui...
    Comme dans la société en somme!
    Un autre journalisme est, je l'espère, en marche...


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  •  

    Pour reprendre, avec la même ironie que les journalistes militants, le titre de l'excellent
    dernier film de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe consacré aux objecteurs
    de travail, On voudrait bien rien foutre al pais! Mais votre serviteur (j'ai entendu Domenach
    de Marianne dire ça ce week-end sur I télé: Claaaaaasse! Enfin il parait) doit être un des
    fainéants les plus actifs du quartier en ce moment. En ce début de semaine et de mois
    de mars se télescopent en effet tournage de télé (consacré aux agro-carburants en Alsace),
    les premières assises internationales du journalisme dès après-demain, avant que mon groupe
    de première année ne couvre la session de mars du Parlement européen, dès lundi prochain.
    Et au milieu de tout cela, ma bonne dame et mon bon monsieur, il le trouve où, le gars,
    le temps pour faire la fête? Eh bien vous le saurez la semaine prochaine, quand tous ces
    événements auront fini de se télescoper et que je pourrais en rendre compte. C'est
    quand même mieux que de parler dans le vent, non?
    Allez, j'me zappe!


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  • Au meeting de François Bayrou, lundi 12 février à Strasbourg, j'étais assis à côté d'une ancienne du Cuej
    qui est désormais reporter à France Info. Louise Bodet, c'est comme ça qu'elle s'appelle, m'a appris
    quelque chose de fort instruisant (j'ai peur de néologiser depuis la chinoiserie de SR, même si je risque
    moins qu'on me tombe dessus à bras raccourcis):
    Chez son public employeur, on a une drôle d'idée de l'équité conseillée par le CSA en matière
    de précampagne électorale (la vraie ne commence, vous le savez que le 9 avril): les quatre reporters du
    pôle politique (le pôle itique!) sont m'a-t-elle dit répartis comme suit:
    -1 personne à temps plein pour suivre Ségolène Royal
    -1 autre personne à temps plein pour "couvrir" les événements quotidiens autour de Nicolas Sarkozy
    -1 troisième personne s'occupe du reste du spectre politique à droite
    -la quatrième, elle-même, est chargée de suivre tous les représentants du reste de la gauche, et les centristes!!!
    Si les repartitions sont identiques ailleurs, ce dont je ne doute que très peu, ça peut expliquer pourquoi
    on ne voit ni n'entend des masses Gérard Shivardi ou Roland Castro sur les ondes audiovisuelles ou dans les canards!


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