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Le mort kilométrique

Un utopître passe par l'école de journalisme

Cékimoi/Cékoissa

Arrivé, depuis un an déjà, du 2-9 (département le plus à l'Ouest) dans la presqu'Allemagne française, je saisis le clavier pour faire partager le meilleur ou le pire d'une formation en journalisme!

Dès la première semaine, mes camarades et moi-même avons été initiés à la sacro-sainte règle du mort-kilométrique, à laquelle obéirait l'intérêt du lecteur-spectateur d'un média. C'est donc naturellement que ce fabuleux concept donne son nom à ma modeste contribution à la webosphère...


Presse écrite, nous voilà! | 15 novembre 2006

Les premiers vrais travaux pratiques arrivent à échéance en ce milieu
de novembre ensoleillé (ici). Certes on a des exercices de presse écrite
toute les semaines (compte rendu d'audience, d'exposition,
conférence de presse...) mais là, il s'agit de deux travaux d'enquête
à nous qu'on mène tout seuls, ou en groupe mais sans suivi immédiat,
et surtout à notre guise (et à notre rythme, ça c'est important pour moi).
Le premier arrive à échéance demain. Il s'agit d'un exercice de
« papier d'angle », intitulé « Portrait de quartier » et mené
par Nicole Gaultier, du journal sous-perfusion Libération.
Enfin je dis mené mais on l'a vue deux fois, l'une pour nous
expliquer le topo, l'autre pour qu'elle valide notre angle, justement.
Attention, parenthèse: Un angle, c'est le point de vue d'où on se place
pour regarder un endroit ou un événement, pile-poil comme au ciné
ou en photo. Sauf que c'est moins concret! Pour concrétiser la chose,
un de nos profs nous a expliqué qu'il s'agissait de limiter le champ
d'un sujet. Pour ça, on choisit une limite, puis une autre, représentées
par des droites. On les fait se croiser et notre article, notre « papier »,
traitera de tout ce qui est contenu entre les deux droites (dans l'illustration
ci-avant (post suivant), on parlera donc des élus hermaphrodites et de leur vision
des chiens dangereux, ou du nombre de chiens dangereux mordus
par des élus hermaphrodites, au lieu de ne parler que de l'un ou que
de l'autre ce qui amènerait à écrire une thèse!).
Bref, je reprend où j'avais arrêté, juste avant d'être fallacieusement
parenthèsé par moi-même. Ce travail est donc l'occasion de mieux
se familiariser avec le travail d'enquête (parler avec des vrais gens
avec des vrais morceaux de vie dedans!) et avec l'environnement
de la communauté urbaine de Strasbourg (hostile, la nature,
comme dirait Timsit).
Moi j'avais le quartier de tours de l'esplanade et j'ai choisi comme angle
le Centre commercial du même nom, ou il semblait à première vue
y avoir aussi peu de vie qu'il n'y a de finesse dans une imitation
de Michel Leeb (vous voyez à peu près?). Bref, ça se termine demain
et on saura dans une semaine ce qu'en a pensé la grande prêtresse.
Et le travail photo que nous avons effectué en parallèle sera évalué
par un photographe des Dernières nouvelles d'Alsace.
Le deuxième exercice est le gros morceau du semestre. Il s'agit
d'un travail complet d'enquête, de la collecte d'information
(on est en plein dedans) à la mise en page par un collègue de la classe.
Une page entière donc, sur des sujets aussi divers que
« la méthode RESF (réseau éducation sans frontières) »,
« les animaux nuisibles à Strasbourg », « la bière » ou
« le Hip-hop à Strasbourg »... Avec trois autres collègues, je travaille
sur l'accueil de jour des sans-abri dans le cadre de l'urgence hivernale
(qui a débuté, en niveau 1, le 1er novembre comme chaque année).
Très instructif sur les priorités de notre société (j'en avait conscience
avant mais c'est différent quand on se retrouve au petit déjeuner
de l'armée du Salut ou quand on discute, comme ce soir, avec des
travailleurs sociaux aussi motivés que désabusés face au manque
de moyens, aux changements de mentalités et à l'explosion du nombre
de personnes qui tombent « dans la merde ». Une première enquête
qui ouvre les yeux et qui s'avèrera probablement instructive.
-----------------------------------------
Autre événement proche, probablement instructif à sa manière:
le 15ème Congrès de la Fédération nationale de la presse française
(qui regroupe la majorité des titres et groupes de presse du pays)
à lieu entre mercredi 22 et vendredi 24 à Strasbourg et nous avons
le privilège de pouvoir couvrir l'événement. Au menu des
patrons de presse, les difficultés du format écrit, bien entendu.
Plus d'info et des photos la semaine prochaine.
Moi, je file relire mes notes de l'interview du jour. Big up!

Publié par Pourkwapas à 22:28:43 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

J'ai décidé... de me retirer de la campagne présidentielle | 06 novembre 2006

J'ai décidé de renoncer à briguer la présidence de cette république (mais je peux
encore me présenter comme délégué au conseil d'administration du Cuej, si ce
n'est pas avec le même programme (voir post précédent)). Cette décision, je l'ai mûrement réfléchie
tout le week-end après moultes conversations avec mon conseiller en communication
(en photo, l'une d'elles). Je ne serais donc pas le Noël Mamère de 2007
(pour le coté brigant venu du monde du journalisme). Pourquoi cela? Explications:
C'est vendredi, alors que je fonçais la tête dans le guidon vers un cours de presse écrite,
que mon slogan présidentiel (Les pistes cyclables aux vélos, la Bourgogne aux escargots!)

à pe
rdu toute crédibilité. Je m'en explique.

Il avait plu, j'étais en retard, comme d'habitude. J'avise un lumineux petit bonhomme rouge vif
qui intimait l'ordre à ma main droite de presser énergiquement la poignée de frein
défaillante de mon violet destrier. Mais mon cerveau malade a fait interférence en
décrétant que "franchement vas-y, y a largement le temps de passer". Passer
avant que ne s'ébranle les rutilantes poubelles, tel était mon défi.
J'ai failli finir défi-guré à cause de mes conneries. En effet, la voiture en tête de la
première file est parvenue à piler, non sans user de son avertisseur sonore
à mon encontre: normal! C'est la Clio en tête de la deuxième file que j'ai moins aimé.
Son chauffeur m'a d'abord invité sur son capot en compagnie mon vélo
(ça c'est son coté sympa). Mais la sauterie n'a pas duré bien longtemps:
mon coude et ma hanche n'ont pas tardé à faire connaisance avec le macadam
(pas le journal d'exclus, le sol qui fait mal!).
Bref, il n'en fallait pas plus pour que mon statut de représentant de la cause cycliste
perde toute crédibilité et avec cette chute, que mes chances, déjà maigres
de titiller l'Elysée grâce au vote des cyclistes et des cyclistes, ne soit réduites à néant
(comment ça c'était déjà le cas?).
En effet, comment pourrais-je prétendre continuer à proner une ville plus zen
si moi même je ne respecte pas mes voisins de chaussée? Ce serait comme si
un élu pris la main dans le pot de miel avait l'outrecuidance de se représenter
devant les électeurs: je ne vous le fais pas dire: c'est tout bonnement impensable!
De toute façon ils ne seraient pas réélus! Surement pas à la tête du pays ou
comme maire d'une grande ville du sud-ouest de la France en tout cas!

Ah au fait, ma hanche va mieux! Hopla, j'm'en vais réparer ma monture.



Publié par Pourkwapas à 16:41:19 dans -Extra-schoolaire | Commentaires (2) |

Enfin l'explication | 01 novembre 2006

 


 C'était une de mes promesses de candidat blogueur, je vous éclaire
aujourd'hui sur le titre de cette page: "Le mort kilométrique" est la
traduction trash (utilisée en interne) d'une loi très sérieuse dans les
sciences de l'information, la "loi de proximité". Selon un site internet
d'enseignement qui fait de la vulgarisation dans les écoles, c'est
la loi journalistique par excellence. Ils s'expliquent:


Elle s'appuie sur l'idée qu'il faut capter l'intérêt du lecteur,
de l'auditeur ou du téléspectateur. Celui-ci se sentira d'autant
plus concerné par l'information qu'elle est proche dans le temps
(l'actualité du moment), dans l'espace
(on sera plus sensible à des événements situés près de chez soi),
de ses idées, de sa situation socioprofessionnelle, de son quotidien,
ou qu'elle touche sa vie affective ou émotive. Rares sont les médias
qui échappent à cette loi.


C'est donc parce qu'on sera plus intéressés (selon cette loi),
en tant que "consommateurs" d'information, par un événement
ayant causé des décès proche de chez nous
(et qui nous ressemblent) que par une information lointaine
(même s'il y a des morts nombreux mais différents
de nous (origine ethnique, nationalité, niveau social etc.),
qu'on parle en journalisme d'une unité de mesure sympathiquement
appelée le mort kilométrique. Bien sûr cette mesure n'existe pas,
mais c'est son principe qu'on nous enseigne lors des premiers
jours de formation de journaliste. Sans vraiment nous dire que
c'est probablement selon cette loi que l'on sera amenés à travailler.
Ni nous apprendre à la nuancer.
Enfin si. Face à nos interrogations, un de nos professeur nous a
expliqué que si l'on veut faire s'intéresser
notre lecteur/auditeur/téléspectateur/surfeur à des informations
auxquelles il ne se serait pas intéressé en vertu de
la loi de proximité, il faut biaiser en l'attirant par des éléments
de proximité vers d'autres plus lointains.


En cadeau, pour vous remercier de votre attention,
des liens vers des sites ou est évoqué ce principe:


-La proximité érigée en loi ,
un travail de Christiane Restier-Melleray, de l'IEP de Bordeaux.


-Complexité dans les médias Une lecture d'Edgar Morin ,
où Evelyne Biausser, journaliste, résume comme suit
les différentes expressions de la proximité:


Ainsi la loi de proximité chronologique révèle que nous sommes dans
un écrit plus sensibles à ce qui va se produire plutôt
qu'à ce qui s'est passé. Le futur immédiat mobilise davantage
l'attention, et écrire sur les conséquences est plus mobilisateur
que sur les causes.


Ensuite, il faut faire jouer la loi de proximité géographique.
La presse régionale peut le faire aisément et ne s'en prive pas.
Quand il s'agit d'un événement étranger, l'on doit alors s'efforcer
de rapprocher l'information du lieu de vie du lectorat. D'où
l'approche nationale ou la vision française d'événements
internationaux !


Troisième approche, la loi de proximité psycho-affective.
Il s'agit en fait de l'intérêt humain commun à l'espèce :
la vie, la mort, l'amour, la maladie, l'argent, la sécurité, la peur,
la violence, la haine... et chaque mot faisant référence à ces
instincts capte l'attention du lecteur.


Enfin, la loi de proximité spécifique s'adresse préférentiellement
à un lectorat : les jeunes, le troisième âge, les femmes,
les chasseurs, les infirmières, les amateurs d'art, de musique,
de parapente... toute la presse spécialisée est contenue
dans cette loi d'intérêt cerné.


Comme dit, Hopla, yoo! Dansez dans les chaumières, les médias veillent
à nous apporter votre lot de mort de proximité quotidien!



Publié par Pourkwapas à 18:31:19 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

Mon unique programme pour 2007: les pistes cyclables aux vélos, la Bourgogne aux escargots! | 31 octobre 2006

Un programme qu'il est simple à comprendre. Pour qu'il soit facile à
tous les cyclistes du monde, et au moins de Strasbourg, de comprendre
qu'il faut voter pour ma pomme en 2007!

En effet, cela ne peut plus durer! Me déplaçant dans le plat pays
qu'est la ville de Strasbourg uniquement en vélo, j'ai pu apprécier
durant les presque deux mois que je viens d'y passer, l'extrême
praticité de son réseau de pistes cyclables. Pas de sa praticabilité.
En effet, à quoi sert de délimiter des voies réservées à ce véhicule
propre qu'est le vélo (sujet sympathique de l'épreuve de rédaction du
Cuej en juin dernier, mais refermons la parenthèse), si c'est pour les
voir sans cesse
envahies de piétons? Je vous le demande, hein, ma
bonne dame. D'accord, à 5 heures du matin, elles ne présentent aucun
problème de praticabilité, ou ceux-ci ne sont pas liés à son occupation
par des bipèdes. Mais à 18h, quand le quidam moyen (par exemple moâ)
rentre de la faculté Robert S. après avoir plus ou moins écouté et
entendu six heures durant des professeurs lui expliquer la politique
Est-allemande ou le fonctionnement interne du Parlement européen, eh
ben je vous prie de me passer l'expression, ça fait chier de devoir
freiner tous les deux mètres, je m'excuse de vous le dire. Surtout
quand le vélo glané chez Emmaüs montre des signes de faiblesse au
niveau desdits freins...

Ok, c'est un sujet futile pour une
candidature... Quoique, je ne sais pas si certaines propositions de
probables présidentiables ne roulent pas encore plus près du macadam. C'était peut-être juste pour causer...

C'est
sur cet aveu de parlage pour ne rien dire que je vous laisse. La
gastronomie alsacienne m'attend... Bonjour chez vous et surtout hopla
(Sachez que cette mystérieuse onomatopée ponctue les conversations de
tout bon alsacien, alors je m'adapte!).

Publié par Pourkwapas à 20:09:32 dans -Extra-schoolaire | Commentaires (0) |

"Débat" des candidats PS, des bas chez les interviewers! | 18 octobre 2006

En futurs journalistes consciencieux, et par ailleurs politiquement
intéressé, pour ma part, par les débats qui agitent les partis se
déclarant de gauche, nous nous sommes retrouvés à plusieurs Cuejiens
pour écouter Madame Royal et Messieurs Strauss-Kahn et Fabius (ordre
(juste!) désigné par tirage au sort effectué par moi-même sous la
surveillance de ma gueule, auto-assermenté pour l'occasion!).

Plutôt que de m'intéresser aux propos de ces trois candidats à la candidature
qui affrontaient leur premier grand oral, je préfère me concentrer sur
la façon dont les deux journalistes de la chaine parlementaire ont mené
ces débats de près de deux heures. Et je n'ai pas été déçu!

Avec Emilie Aubry pour LCP-Assemblée nationale et Emmanuel Kessler pour Public Sénat, j'ai en effet eu l'impression de me retrouver face à deux enfants cachés de
Bernard Guetta (France Inter) et d'Eric Le Boucher (Le Monde,
économie), deux grands laudateurs des bénéfices d'un Marché
auto-régulateur et créateur de richesse et d'harmonie. Adoptant, comme
c'est souvent le cas, un point de vue systématique de pourfendeurs des
taxes et des poids pesant sur les entrepreneurs, ils n'ont consenti à
lâcher prise qu'après avoir contraint les trois orateurs sur-tendus et
polissés à force pirouettes, sans cacahuètes.

Extraits, pêle-mêle: "Mais alors, les 35 heures, on fait quoi?", "Mais
cet attachement aux 35 heures ne repose-t-il pas sur un slogan
simple?", "Alors on travaille plus, on travaille moins, on monte, on
baisse les impôts? Voilà les fondamentaux en matière de pouvoir
d'achat", "Mais il est impératif de ne pas les faire fuir, ces grandes
entreprises!". Et puis "réparer donc une erreur de la gauche?" quand
elle parle d'adaptation
de la réforme Aubry. "Est-ce que cette tendance à renationaliser n'est
pas archaïque?", puis "Est-ce que vous n'allez pas à contrecourant de
ce qui se fait au niveau européen? (sur les retraites)?". B
En gros
ils attendaient que Ségolène repartent dans le sens de leur pensée
unique: sus aux 35 heures, comme ils avaient cru l'entendre il y a
quelques semaines! Mme Royal a répété que c'était une avancée pour une
majorité de français mais qu'il fallait écouter comment une autre
partie des français le vivent (moins bien donc).

Bien sûr, ils avaient tout à fait le droit de poser ces questions. Mais
les deux interviewers de ce pseudo débat fort peu haletant étaient
censés refléter les questions des militants et futurs électeurs du PS
(non pas Public Sénat, la chaîne qui diffusait les (d)ébats, mais bien
Parti Socialiste). Or il me parait étonnant que pas une question n'ait
évoqué le recentrage du PS ces dernières années, ni reproché le
positionnement pas assez à gauche des différents candidats.

Mais je vois sûrement le mal partout! Je
ne résiste en tout cas pas à vous livrer ma "petite phrase" préférée de
cette soirée bien terne mais où à pu, et c'est peut-être rassurant,
entendu quelques idées et peu de petites phrases médiatiques. Je
retiens celle-ci, de Laurent Fabius, lors du chapitre sur la parité:
Parité, ça commence comme partage et ça finit par égalité...

Après ça, rien à ajouter. Merci et chapô bas les artistes. See you next semaine!

Publié par Pourkwapas à 01:02:06 dans -J'aime regarder les... médias | Commentaires (0) |

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Elle sont fraîches mes photos

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