Première journée de stage à la rédaction locale d'Ouest-France à Rennes.
Comme c'était pour moi une « journée d'observation » avant le grand bain,
eh bien, j'ai observé. Quelques tranches de journée... comme ça.
Vers 10h, après la lecture du journal du matin, conférence de rédaction.
La dizaine de rédacteurs se retrouvent autour d'une grande table et de
son rédac' chef pour voir ce qu'il y a se mettre sous la dent. Pas très stressés
et assez déconneurs, dans l'ensemble. On ressort de là vers 11h... pour tracer
illico au café ! Bref, c'est pas violent... Mais c'est loin d'être terminé. Les
horaires du soir ne sont pas ceux de fonctionnaires (je suis sorti à 19h50 !
Et j'étais loin d'être le dernier).
15h : L'annonce du décès de Guy Parigot, fondateur du Théâtre national
de Bretagne, réalisateur, comédien, metteur en scène, qui était dans le coma
depuis la veille, tombe. L'une des journalistes change de programme pour
écrire sa nécrologie (quel joli mot) et recueillir les réactions des élus et des
amis à cette disparition. Branle-bas à la rédaction, assez calme jusque-là.
16h20 : Coup de fil à la rédaction. La fille d'un septuagénaire qui vient de
se suicider n'a pas apprécié l'imprécision d'un entrefilet évoquant la
recherche du corps par les gendarmes. Une journaliste prend l'appel,
en l'absence du rédacteur de l'article. La famille rappellera plusieurs
fois dans la journée, souhaitant parler au rédacteur en chef et à l'auteur
qui se fera traiter de « charognard de Voici ». Chaud...
17h50 : Cérémonie des vœux d'un institut de protection du patrimoine.
Une intervenante lâche un ségologisme du plus bel effet : la professionalité !
Après bravitude, c'est pas mal trouvé. Comme quoi c'est pas facile de parler
sans avoir écrit son discours !
Et puis retour puis re-départ vers un petit événement à propos duquel on me
propose finalement de rédiger une brève. La brèvitude, tel semble être
le mot d'ordre du journal où j'ai atterri (comme celui de beaucoup
d'autres titres de la Presse quotidienne régionale).
Un titre où j'espère malgré tout passer l'été.
Pas forcément ma vie.
Publié par Pourkwapas à 12:24:19 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (1) | Permaliens
Non. Nous n'avons pas, en tant qu'étudiants en journalisme, effectué d'escapade
groupée sur la muraille de Chine (pas invités parmi la centaine de journalistes
français accompagnant la candidate PS à la présidentielle programmée cette
année). Mais je suis convaincu que c'est notre bravitude qui nous a donné le
droit aux vacances méritées desquelles nous profitons actuellement
(5 semaines en tout. Ça me rappellerait presque mon année Erasmus à Exeter!).
J'utilise ce magnifique néologisme royalien (devrais-je dire régalien?),
pour décrire, à ceux que ça intéresse, les semaines que nous avons passée
fin décembre. Des semaines... bien chargées! Et un peu fatigantes, même
pour des braves!
Elles ont en effet vu l'achèvement de nos enquêtes de terrain (la mienne,
avec 3 camarades, était consacrée à l'accueil de jour, insuffisant comme
celui de nuit, des Sans-abri). Deux bonnes journées de rédaction, puis
une autre de mise en page ont été un des faits marquants de ce mois de
décembre. Autre enseignement, autre nouveauté: la radio. Nous avons
eu nos premiers cours d'écriture pour ce média avec le responsable au
Cuej de cette spécialité peu en vogue (peu de débouchés en ce moment).
M. Deleu produit régulièrement des reportages pour France Culture et a
eu l'occasion d'enseigner la radio à l'ESJ de Lille (Ecole supérieure de
journalisme, une Institution à laquelle le Cuej n'aurait selon lui rien à
envier, je répète cela pour ceux qui se posent la question de la qualité
des écoles de journalisme publiques...). En parallèle, c'est notre voix,
notre aisance et notre diction que nous avons exercée, avec un comédien
professionnel un peu caricatural par moments mais éminemment sympathique
et plutôt pertinent dans ses remarques, sur notre façon de parler comme sur le
journalisme plus golbalement. J'en ai même noté quelques unes... que je vous
retranscris pêle-mêle, comme Serge Karamazoff à monsieur le Préfet. Parlant
du journalisme audiovisuel, il nous a incité à « retrouver le plaisir et la fraîcheur
du dire » et à « ar-ti-cu-ler! ». Puis a débordé sur sa conception du journalisme:
« le journalisme, c'est la pédagogie, c'est le sens. D'ailleurs l'info télé est moins
dans cela. » La pédagogie à sens unique dont nous ont bassiné les penseurs
éditorialistes pendant le débat référendaire est loin d'être ma tasse de thé.
Mais il est certain que notre rôle (futur), est d'expliquer, de donner envie
de connaître et de comprendre. Dernière pensée de notre comédien-enseignant:
« le grand danger, c'est la banalisation. La banalisation de l'anormal. Les chaînes
de tout-info ont fait beaucoup de mal à ce niveau ». On pourrait ajouter
les fast-news et les flux continus dont nous abreuvent France-info et le net.
Bref, c'est là-dessus que nos chers enseignants nous ont laissé partir en
vacances, non sans nous interroger brièvement en partiels sur le contenu
de nos cours théoriques (c'est de bonne guerre, même si comme le dit
Amélie Tautou dans le long et jaunâtre dimanche de fiançailles:
« y a pas de bonne guerre! »).
En fait, le terme de vacances est inexact car ne s'appliquant qu'aux deux
semaines venant de s'écouler. Le reste de ce mois de janvier est consacré,
au Cuej, aux stages d'observation en presse quotidienne régionale. Des
stages qui sont, dans la plupart des journaux, de véritables essais qualificatifs
pour obtenir un remplacement de deux mois pendant l'été. Pour ma part, ce
sera Ouest-France, à Rennes, pendant deux semaines. Juste avant de repartir
pour 3 mois à Strasbourg. Oh Yeah baby!
Publié par Pourkwapas à 12:33:53 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) | Permaliens
Les 8 et 9 juin prochains, on pourra essayer de deviner qui des 700
jeunes gens fébriles présents au Cuej seront à notre place l'année
prochaine!
Vers la partie concours du site du Cuej: Cliqué siouplé... ou si vous voulez!
Publié par Pourkwapas à 21:03:43 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) | Permaliens
Nicolas Sarkozy dans son assiette
Ce mercredi midi, la rédaction d'I>télé était invitée à manger place Beauvau avec le ministre de
l'Intérieur. Un déjeuner off dans la plus pure tradition, bien entendu.
R.V. 13 heures... 13h15, arrivée du Ministre de l'Intérieur, souriant, costume gris élégant, chemise
bleue ciel, cravate bleue soutenue. Jolie montre au poignet. Le portable est posé sur la table à sa
droite. Un bouton-pressoir noir à coté du verre pour sonner les serveurs.
Entrée en matière simple et de bon aloi :
"Ah, vous êtes plus sympas là que lorsque je vous écoute parler de moi à la télé. Vous
m'épargnez pas... La petite là (Valentine Lopez du service politique, assise à sa gauche,
ndlr) : visage d'ange, mais elle jamais un mot gentil. Que des méchancetés. Elle me
loupe jamais.
Le tout, bonhomme, sans cesser de plaisanter, en fixant la directrice Générale de la chaine et le
directeur de la rédaction assis en face de lui.
Suit le refrain désormais bien connu (Charles Pasqua, l'avais étrenné en 1986 lors des manifs
étudiantes) :
"les journalistes de toute façon, vous pouvez pas vous en empécher. La campagne de
Ségolène Royal c'est formidable, mon entrée en campagne, c'est nul. C'est sociologique,
chez vous : vous êtes 2/3 de gauche, pour 1/3 de droite."
L'entrée vient d'arriver : Coquilles Saint Jacques poëlées. Salade mélangée et volaille émincée pour
le Ministre.
Itélé, ce n'est donc pas sa tasse de thé ? Regard vers son conseiller en communication Franck
Louvrier :
"Ah! Franck m'a dit de ne pas y aller trop fort, alors... (sourire) Je ne dis pas tout ce que
je pense de vous. Je ne veux pas qu'on se fâche. Mais Cécilia, en revanche, elle aime
bien I>télé, elle dit que c'est la chaine la plus ouverte, la plus variée. Enfin, il faut
reconnaitre que vous avez beaucoup progressé"".
L'entrée en matière épuisée, le rapport de force installé, on passe aux questions politiques. Arrivée
du plat de résistance : un filet de bar sur un risotto aux champignons et légumes verts pour nous,
une deuxième assiette de crudités et son émincé pour Nicolas Sarkozy (régime, régime...).
Ségolène Royal ? Elle ne l'inquiète pas, même si il s'agace des grâces que lui font les medias.
"Non, elle ne va pas s'effondrer, c'est macho de dire ça. Elle est intelligente, solide,
courageuse. Non, elle ne s'effondrera pas. Mais il faut lui opposer les idées. Moi, je
serais sur le terrain des idées. Poli, courtois, mais intraitable sur le fond. C'est une
femme, mais c'est surtout une responsable politique. Ca fait 20 ans qu'elle est là. Et puis
Ségolène Royal, c'est moi qui lui ai ouvert la voie. Si je n'avais pas pris l'UMP comme
ça, contre Chirac, vous croyez qu'elle aurait pu bousculer les élephants du PS. Jamais...
Maintenant, les français attendent le match. Le match des nouveaux. Ils ne vont pas être
décus. Je la sens bien cette campagne. Vous allez voir le sondage IPSOS qui sort cet
après midi. Je repasse en tête, j'ai 51% au second tour."
En attendant, il y a débats à l'UMP à partir de samedi. Ca compte ? Il balaie l'affaire d'un revers de
main.
"Le moins possible. De toute façon les jeux sont faits. Alliot Marie a perdu 9 points
dans le dernier sondageMoi je serais sur une chaise, peut-être même sans cravate.
J'écouterais, je répondrais. De ma chaise. Ne pas en faire trop. Et si MAM me reprend
sur la discrimination positive, cette fois je répondrais calmement. La première fois (lors
de la convention du projet en novembre) j'ai été surpris. C'était une erreur".
Bayrou. "Je n'en parle pas, je ne critique pas. Ses électeurs voteront pour moi au second tour, je ne
l'attaquerai pas. Je dis juste qu'il se trompe de chemin".
Le Pen. Il l'aura, un jour il l'aura...
"Mais on ne fait pas reculer Le Pen en étant Ministre de l'Intérieur. Il faut pouvoir agir
sur tous les terrains. Redonner espoir dans l'avenir. Redonner espoir. Dans les années
50/60 l'avenir était un espoir. Au creux des années 80/90, il est devenu une peur. Il faut
redonner espoir. Le Pen il est là depuis 1983, avec les magouilles de Mitterand... On ne
le chasssera pas comme ça... "
Et Jacques Chirac ? Il parait qu'il regarde LCI, lui.
"Oui. Il regarde toute la journée mais on ne parle plus beaucoup de lui. Franchement, je
ne voudrais pas être à sa place".
Il revient sur sa gestion de medias. Pas trop, "ca use"... Depuis la rentrée il n'a fait que PPDA,
Chabot ("Trois heures, six millions de télespectateurs, vous avez vu ca ? Je suis le seul à faire ça."),
Inter une fois, RTL une fois et deux fois Europe 1. "Elkabbach c'est le meilleur. Lui, il travaille. Ca
me rassure".
Le dessert arrive. Un flan au pomme, très fin avec sa boule de vanille couronnée d'une chips de
pomme. Pour nous... Nicolas Sarkozy se contente d'un bol de fromage blanc avec son coulis de
fraise (sans sucre?) et enchaine sur sa vision de l'ecole.
Spectaculaire mémoire. Il connait par coeur, mot après mot le discours prononcé quelques semaines
plus tôt sur l'Education. "entre l'uniforme et le jean qui laisse beaucoup trop voir, il y a une marge",
dit-il (mais il ne dit pas "string", parce Ségolène Royal l'a déjà fait). Je veux une école sans
casquettes vissées sur la tête, sans portables, ou les élèves se lèvent lorsque le prof entre dans la
pièce".
Nostalgie ? Non, retour à quelques bonne vieilles valeurs dans un monde qui "change si vite". Les
parents attablés acquiessent. Nathalie (Ianetta) demande dans un éclat de rire si il ne veut pas venir
chez elle donner quelques leçons à son fils Oscar. Nicolas Sarkozy rigole à son tour.
A cet instant, les assiettes ont disparu. On sert le café avec de joli truffes carrées et du sucre de
canne. Sarkozy le guerrier, l'homme dont la jambe droite n'a pas cessé de s'agiter depuis une heure,
se laisse - apparemment - aller à l'évocation de quelques souvenirs.
Il raconte les plaisirs simples de son enfance. Les escapades au café avec "son grand père qui l'a
élevé", le trajet en métro, le jus d'orange presque rituel de ces sorties magiques, la main dans celle
du Docteur Malah. Sarkozy enfant se damnait, dit-il, pour ces moment là. Pour aller au spectacle on
reservait quatre mois à l'avance. Ma mère nous achetait des vètements neufs, pour y aller... Des
vètement neufs, c'était quelque chose. Attention, hein... On n'était pas pauvres. On était des
bourgeois. Ca allait. Mais c'était tout de même quelquechose".
Il parle de sa première emotion de cinéma. "Ben hur". "Avec Charlton Eston, celui de 59, hein, pas
l'autre... quand je l'ai vu au Kino, ça faisait quatre ans qu'il était à l'affiche. Quatre ans, aujourd'hui
un film ca rester quoi ? Trois semaines à l'affiche?".
Aujourd'hui, il adore les bronzés 3 : "14 millions d'entrées. Il faut pas cracher sur un film parce qu'il
a rencontré le public. C'est comme Jonathan Littel et ses "Bienveillantes" (qu'il a lu et apprécié
même si certains passages l'ont mis mal à l'aise) : "250.000 exemplaires vendus sans un seul article
de presse. Il s'est bien passé quelque chose, non ? On ne peut pas le nier". Et il affirme : "moi j'ai
vendu plus de 400.000 exemplaires de "Témoignages". Ca c'est quelquechose, non ?".
Retour à la littérature. Il dit que son livre préféré c'est le "voyage au bout de la nuit" de Celine. Qu'il
adore Albert Cohen, et ces quarante pages ou Ariane attend Solal dans "Belle du seigneur". Que
l'écrivain ait su se glisser avec une telle précision dans la tête d'une femme l'épate. Il est très
sensible à ces quarante pages; C'est "son coté femme", dit-il.
Et le voilà érudit : "C'est un livre que Cohen a écrit en 68, sur les bords du lac de Genèves. En 68...
Il devait s'emmerder comme un rat". Il redevient sérieux : "Mais mon préféré de Cohen c'est le
"livre à ma mère". Celui là, il l'a écrit en en 59. Et la preface, vous savez : "aux insensés qui pensent
que leur mère est immortelle". Ca c'est fort, très fort.
Il est 14.35, retour à la politique. Nicolas Sarkozy confie qu'il ne se voit pas faire ça toute sa vie.
Surprise générale.
"Deux mandats et c'est tout ?", glisse une journaliste. "Et encore, répond le candidat, si ca ne tenait
qu'à moi je n'en ferais qu'un. Mais je ne peux pas. Tant d'espoirs reposent sur moi. Des millions de
gens comptent sur moi. Je ne peux pas faire ça."
Et après ? "Après j'irai dans le privé, gagner de l'argent. Je suis avocat, je peux réussir là. Mais j'ai
aussi des amis qui me confieraient bien la tête d'une grande entreprise privée. L'argent, ça compte.
Je n'ai pas de fortune personnelle. Ce qui compte dans la vie, c'est l'amour. De l'argent, c'est pour
les siens, pour acheter une maison, un bel appartement. Offrir un appartement à ses enfants... Je ne
veux pas être comme Giscard et Raffarin, un ancien le reste de ma vie à me trainer là, à me lamenter
sur ce que je ne suis plus".
14.45. Le ministre-président-candidat est reparti avec une franche poignée de main et un petit mot
pour chacun. "C'était très sympa", me dit-il en me serrant chaleureusement le coude.
Bien entendu, cher Zbiegnew c'était off. Et oui, Charles, les cuisiners de la Place Beauvau ont le
tour de main... Mais on sait maintenant à quoi servent ces rencontrent off... Alors pourquoi se priver
de vous le raconter. A moins que vous ne vouliez pas savoir ?
Publié par Pourkwapas à 19:08:36 dans -J'aime regarder les... médias | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Pourkwapas à 18:23:02 dans -Extra-schoolaire | Commentaires (0) | Permaliens
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 |
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 |
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |
| 29 | 30 |
Depuis le 13-10-2006 :
54495 visiteurs
Depuis le début du mois :
2313 visiteurs
Billets :
44 billets
Inspirés? Exprimez!