Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Le mort kilométrique

Un utopître passe par l'école de journalisme

Cékimoi/Cékoissa

Arrivé, depuis un an déjà, du 2-9 (département le plus à l'Ouest) dans la presqu'Allemagne française, je saisis le clavier pour faire partager le meilleur ou le pire d'une formation en journalisme!

Dès la première semaine, mes camarades et moi-même avons été initiés à la sacro-sainte règle du mort-kilométrique, à laquelle obéirait l'intérêt du lecteur-spectateur d'un média. C'est donc naturellement que ce fabuleux concept donne son nom à ma modeste contribution à la webosphère...


J'ai décidé... de me retirer de la campagne présidentielle | 06 novembre 2006

J'ai décidé de renoncer à briguer la présidence de cette république (mais je peux
encore me présenter comme délégué au conseil d'administration du Cuej, si ce
n'est pas avec le même programme (voir post précédent)). Cette décision, je l'ai mûrement réfléchie
tout le week-end après moultes conversations avec mon conseiller en communication
(en photo, l'une d'elles). Je ne serais donc pas le Noël Mamère de 2007
(pour le coté brigant venu du monde du journalisme). Pourquoi cela? Explications:
C'est vendredi, alors que je fonçais la tête dans le guidon vers un cours de presse écrite,
que mon slogan présidentiel (Les pistes cyclables aux vélos, la Bourgogne aux escargots!)

à pe
rdu toute crédibilité. Je m'en explique.

Il avait plu, j'étais en retard, comme d'habitude. J'avise un lumineux petit bonhomme rouge vif
qui intimait l'ordre à ma main droite de presser énergiquement la poignée de frein
défaillante de mon violet destrier. Mais mon cerveau malade a fait interférence en
décrétant que "franchement vas-y, y a largement le temps de passer". Passer
avant que ne s'ébranle les rutilantes poubelles, tel était mon défi.
J'ai failli finir défi-guré à cause de mes conneries. En effet, la voiture en tête de la
première file est parvenue à piler, non sans user de son avertisseur sonore
à mon encontre: normal! C'est la Clio en tête de la deuxième file que j'ai moins aimé.
Son chauffeur m'a d'abord invité sur son capot en compagnie mon vélo
(ça c'est son coté sympa). Mais la sauterie n'a pas duré bien longtemps:
mon coude et ma hanche n'ont pas tardé à faire connaisance avec le macadam
(pas le journal d'exclus, le sol qui fait mal!).
Bref, il n'en fallait pas plus pour que mon statut de représentant de la cause cycliste
perde toute crédibilité et avec cette chute, que mes chances, déjà maigres
de titiller l'Elysée grâce au vote des cyclistes et des cyclistes, ne soit réduites à néant
(comment ça c'était déjà le cas?).
En effet, comment pourrais-je prétendre continuer à proner une ville plus zen
si moi même je ne respecte pas mes voisins de chaussée? Ce serait comme si
un élu pris la main dans le pot de miel avait l'outrecuidance de se représenter
devant les électeurs: je ne vous le fais pas dire: c'est tout bonnement impensable!
De toute façon ils ne seraient pas réélus! Surement pas à la tête du pays ou
comme maire d'une grande ville du sud-ouest de la France en tout cas!

Ah au fait, ma hanche va mieux! Hopla, j'm'en vais réparer ma monture.



Publié par Pourkwapas à 16:41:19 dans -Extra-schoolaire | Commentaires (2) |

Enfin l'explication | 01 novembre 2006

 


 C'était une de mes promesses de candidat blogueur, je vous éclaire
aujourd'hui sur le titre de cette page: "Le mort kilométrique" est la
traduction trash (utilisée en interne) d'une loi très sérieuse dans les
sciences de l'information, la "loi de proximité". Selon un site internet
d'enseignement qui fait de la vulgarisation dans les écoles, c'est
la loi journalistique par excellence. Ils s'expliquent:


Elle s'appuie sur l'idée qu'il faut capter l'intérêt du lecteur,
de l'auditeur ou du téléspectateur. Celui-ci se sentira d'autant
plus concerné par l'information qu'elle est proche dans le temps
(l'actualité du moment), dans l'espace
(on sera plus sensible à des événements situés près de chez soi),
de ses idées, de sa situation socioprofessionnelle, de son quotidien,
ou qu'elle touche sa vie affective ou émotive. Rares sont les médias
qui échappent à cette loi.


C'est donc parce qu'on sera plus intéressés (selon cette loi),
en tant que "consommateurs" d'information, par un événement
ayant causé des décès proche de chez nous
(et qui nous ressemblent) que par une information lointaine
(même s'il y a des morts nombreux mais différents
de nous (origine ethnique, nationalité, niveau social etc.),
qu'on parle en journalisme d'une unité de mesure sympathiquement
appelée le mort kilométrique. Bien sûr cette mesure n'existe pas,
mais c'est son principe qu'on nous enseigne lors des premiers
jours de formation de journaliste. Sans vraiment nous dire que
c'est probablement selon cette loi que l'on sera amenés à travailler.
Ni nous apprendre à la nuancer.
Enfin si. Face à nos interrogations, un de nos professeur nous a
expliqué que si l'on veut faire s'intéresser
notre lecteur/auditeur/téléspectateur/surfeur à des informations
auxquelles il ne se serait pas intéressé en vertu de
la loi de proximité, il faut biaiser en l'attirant par des éléments
de proximité vers d'autres plus lointains.


En cadeau, pour vous remercier de votre attention,
des liens vers des sites ou est évoqué ce principe:


-La proximité érigée en loi ,
un travail de Christiane Restier-Melleray, de l'IEP de Bordeaux.


-Complexité dans les médias Une lecture d'Edgar Morin ,
où Evelyne Biausser, journaliste, résume comme suit
les différentes expressions de la proximité:


Ainsi la loi de proximité chronologique révèle que nous sommes dans
un écrit plus sensibles à ce qui va se produire plutôt
qu'à ce qui s'est passé. Le futur immédiat mobilise davantage
l'attention, et écrire sur les conséquences est plus mobilisateur
que sur les causes.


Ensuite, il faut faire jouer la loi de proximité géographique.
La presse régionale peut le faire aisément et ne s'en prive pas.
Quand il s'agit d'un événement étranger, l'on doit alors s'efforcer
de rapprocher l'information du lieu de vie du lectorat. D'où
l'approche nationale ou la vision française d'événements
internationaux !


Troisième approche, la loi de proximité psycho-affective.
Il s'agit en fait de l'intérêt humain commun à l'espèce :
la vie, la mort, l'amour, la maladie, l'argent, la sécurité, la peur,
la violence, la haine... et chaque mot faisant référence à ces
instincts capte l'attention du lecteur.


Enfin, la loi de proximité spécifique s'adresse préférentiellement
à un lectorat : les jeunes, le troisième âge, les femmes,
les chasseurs, les infirmières, les amateurs d'art, de musique,
de parapente... toute la presse spécialisée est contenue
dans cette loi d'intérêt cerné.


Comme dit, Hopla, yoo! Dansez dans les chaumières, les médias veillent
à nous apporter votre lot de mort de proximité quotidien!



Publié par Pourkwapas à 18:31:19 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) |

1| 2|

Elle sont fraîches mes photos

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Où que c'est ça?

Compteur

Depuis le 13-10-2006 :
56358 visiteurs
Depuis le début du mois :
1691 visiteurs
Billets :
44 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03