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C'était une de mes promesses de candidat blogueur, je vous éclaire
aujourd'hui sur le titre de cette page: "Le mort kilométrique" est la
traduction trash (utilisée en interne) d'une loi très sérieuse dans les
sciences de l'information, la "loi de proximité". Selon un site internet
d'enseignement qui fait de la vulgarisation dans les écoles, c'est
la loi journalistique par excellence. Ils s'expliquent:
Elle s'appuie sur l'idée qu'il faut capter l'intérêt du lecteur,
de l'auditeur ou du téléspectateur. Celui-ci se sentira d'autant
plus concerné par l'information qu'elle est proche dans le temps
(l'actualité du moment), dans l'espace
(on sera plus sensible à des événements situés près de chez soi),
de ses idées, de sa situation socioprofessionnelle, de son quotidien,
ou qu'elle touche sa vie affective ou émotive. Rares sont les médias
qui échappent à cette loi.
C'est donc parce qu'on sera plus intéressés (selon cette loi),
en tant que "consommateurs" d'information, par un événement
ayant causé des décès proche de chez nous
(et qui nous ressemblent) que par une information lointaine
(même s'il y a des morts nombreux mais différents
de nous (origine ethnique, nationalité, niveau social etc.),
qu'on parle en journalisme d'une unité de mesure sympathiquement
appelée le mort kilométrique. Bien sûr cette mesure n'existe pas,
mais c'est son principe qu'on nous enseigne lors des premiers
jours de formation de journaliste. Sans vraiment nous dire que
c'est probablement selon cette loi que l'on sera amenés à travailler.
Ni nous apprendre à la nuancer.
Enfin si. Face à nos interrogations, un de nos professeur nous a
expliqué que si l'on veut faire s'intéresser
notre lecteur/auditeur/téléspectateur/surfeur à des informations
auxquelles il ne se serait pas intéressé en vertu de
la loi de proximité, il faut biaiser en l'attirant par des éléments
de proximité vers d'autres plus lointains.
En cadeau, pour vous remercier de votre attention,
des liens vers des sites ou est évoqué ce principe:
-La proximité érigée en loi ,
un travail de Christiane Restier-Melleray, de l'IEP de Bordeaux.
-Complexité dans les médias Une lecture d'Edgar Morin ,
où Evelyne Biausser, journaliste, résume comme suit
les différentes expressions de la proximité:
Ainsi la loi de proximité chronologique révèle que nous sommes dans
un écrit plus sensibles à ce qui va se produire plutôt
qu'à ce qui s'est passé. Le futur immédiat mobilise davantage
l'attention, et écrire sur les conséquences est plus mobilisateur
que sur les causes.
Ensuite, il faut faire jouer la loi de proximité géographique.
La presse régionale peut le faire aisément et ne s'en prive pas.
Quand il s'agit d'un événement étranger, l'on doit alors s'efforcer
de rapprocher l'information du lieu de vie du lectorat. D'où
l'approche nationale ou la vision française d'événements
internationaux !
Troisième approche, la loi de proximité psycho-affective.
Il s'agit en fait de l'intérêt humain commun à l'espèce :
la vie, la mort, l'amour, la maladie, l'argent, la sécurité, la peur,
la violence, la haine... et chaque mot faisant référence à ces
instincts capte l'attention du lecteur.
Enfin, la loi de proximité spécifique s'adresse préférentiellement
à un lectorat : les jeunes, le troisième âge, les femmes,
les chasseurs, les infirmières, les amateurs d'art, de musique,
de parapente... toute la presse spécialisée est contenue
dans cette loi d'intérêt cerné.
Comme dit, Hopla, yoo! Dansez dans les chaumières, les médias veillent
à nous apporter votre lot de mort de proximité quotidien!
Publié par Pourkwapas à 18:31:19 dans -Du dur apprentissage du journanimz | Commentaires (0) | Permaliens
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